colloque international "Corps et message"

Du 21 mars 2018 au 23 mars 2018
De 09h00 à 20h00
UdS: Palais Universitaire (Salle Pasteur), Nouveau Patio (amphithéâtre)

Colloque international organisé par le GEO (EA1340) (études japonaises).

En collaboration avec l'Université Waseda, le CEEJA, le CHER et l'Opéra National du Rhin.

Avec le soutien de la Fondation Internationale Toshiba.

Responsables scientifiques : Sakae Murakami-Giroux et Sandra Schaal

 

Communications en français, japonais et anglais (avec texte traduit)

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

 

Tout message ne se transmet pas nécessairement par le seul vecteur des mots, de la parole. Si l’on prend l’exemple d’une oeuvre littéraire, longtemps considérée comme pur produit du l’art du langage, dans le cas des classiques japonais, il était naturel d’en goûter les qualités lors de lectures à voix haute, de les apprécier de pair avec une oeuvre picturale ou encore lors de représentations. De tels liens si étroits entre langage et corps ne donnent-ils pas la capacité au message de toucher jusqu’au tréfonds du coeur de chacun ?
En tant que forme de l’art du langage les gikyoku (textes de narration qu’interprète un récitant) et les engeki daihon (pièces de théâtres) sont à l’origine deux choses différentes, le premier plutôt destiné à une lecture silencieuse, le dernier à être joué sur scène. Si la lecture des gikyoku est intéressante, quelques exceptions mises à part, il est impossible en l’état d’en assurer une interprétation (sur scène) ; quant aux engeki daihon, malgré les exceptions, qui là encore existent, l’on ne saurait en saisir pleinement l’intérêt par la seule lecture. Certains ont tendance à voir là, la différence entre littérature et théâtre, ce qui en fait n’est pas le cas, il s’agit de la question de l’existence ou non de la relation entre corps et message. Toute oeuvre, qui ne recèle pas une telle relation, relève de l’art du langage, alors que celle, dont c’est l’attribut, s’inscrit, quant à elle, dans le registre de l’art corporel.
Quelle doit être alors, pour celui qui mène une telle réflexion, la meilleure façon d’appréhender le jeu, la représentation d’une oeuvre théâtrale étrangère traduite ou adaptée ? Autrement dit, le travail de traduction, d’adaptation, se doit-il d’être aussi, avec celui sur le langage, la transposition de tout un environnement ? Comment en l’espèce, pour une pièce de théâtre ou un film, restituer par la traduction, l’adaptation, le rapport au corps intrinsèquement lié au langage source ? Les pièces de Shakespeare, dont on ne compte plus, encore maintenant, les traductions et les adaptations en livrets au Japon, sont-elles identiques aux oeuvres de Shakespeare dans l’Angleterre contemporaine ? Curlew River (La Rivière aux courlis) adaptée du nô (Sumida-gawa), ou la pièce de Yeats At the Hawk's Well (Taka no ido - Au puit du faucon), interprétée par un acteur de nô, sont-elles du nô ? Mais encore, les Cinq nô modernes de Mishima Yukio sont-ils du nô, ou bien ce recueil, n’est-il qu’un texte littéraire composé sous une forme plus ou moins théâtrale ? Au-delà des seules oeuvres théâtrales, que ce soit en littérature, en cinéma ou dans le domaine des arts visuels, où se situent les limites de la traduction, de l’adaptation ?

Ce colloque abordera ces diverses problématiques du point de vue de l’art dramatique, de la littérature, du cinéma et des arts visuels, tant européens que japonais.

 

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